La lutte contre le blanchiment d’argent commence par l’expertise
Chaque jour, les institutions financières jouent un rôle essentiel dans la détection des transactions suspectes, l’analyse des risques et le signalement de potentielles opérations de blanchiment d’argent.
Les chiffres du dernier rapport d’activités de la Cellule de traitement des informations financières (CTIF) montrent à quel point ce rôle est crucial aujourd’hui. En 2025, la CTIF a reçu plus de 102 000 déclarations d’opérations suspectes et échanges d’informations. Sur cette base, 1 334 nouveaux dossiers ont été transmis aux autorités judiciaires, représentant un montant total de 2,13 milliards d’euros.
Des déclarations qui ont un réel impact sur la société
Les établissements de crédit occupent une place centrale dans le dispositif belge de lutte contre le blanchiment d’argent. En 2025, les informations qu’ils ont fournies étaient impliquées dans 85,8 % des nouveaux dossiers transmis par la CTIF aux autorités judiciaires.
Ce constat confirme ce que Febelfin a récemment souligné : les institutions financières ne se limitent pas à transmettre des déclarations. Elles sont souvent à l’origine de dossiers qui aboutissent à un impact juridique concret.
Derrière chaque déclaration se cache un travail d’analyse approfondi. Les compliance officers, analystes AML, spécialistes de la fraude et experts en gestion des risques examinent les transactions, établissent des liens et identifient des signaux qui, sans leur expertise, passeraient souvent inaperçus.
Les techniques de blanchiment deviennent de plus en plus sophistiquées
Les défis ne cessent de croître. Selon la CTIF, les réseaux professionnels de blanchiment d’argent figurent à nouveau parmi les principales menaces. Ces organisations combinent des méthodes classiques, telles que les transferts d’espèces et les sociétés écrans, avec des technologies modernes, des plateformes de paiement numériques et des crypto-actifs.
Le Trade Based Money Laundering (TBML) reste également un point d’attention majeur. Cette technique consiste à utiliser les flux commerciaux ou les opérations de facturation pour dissimuler ou déplacer des fonds d’origine illicite. Les criminels ont recours à des structures d’entreprises complexes, de fausses factures, des paiements effectués par des tiers et des transactions internationales afin de masquer les flux financiers.
La CTIF constate également une utilisation croissante :
- des crypto-actifs et des plateformes crypto offshore ;
- des services de paiement et des portefeuilles numériques ;
- du transaction laundering via le e-commerce ;
- de montages hybrides combinant techniques traditionnelles et numériques.
En d’autres termes, les méthodes de blanchiment d’argent évoluent en permanence. Pour être en mesure d’identifier les schémas suspects, les professionnels doivent eux aussi faire évoluer leurs connaissances et leurs compétences.
La connaissance fait toute la différence
Dans un paysage financier de plus en plus complexe, il ne suffit plus de maîtriser la réglementation. Les professionnels de l’AML doivent comprendre les mécanismes actuels de blanchiment d’argent, identifier les indicateurs de risque pertinents et être capables d’analyser la manière dont différentes techniques sont combinées.
La CTIF souligne elle-même l’importance du partage des connaissances, des cas pratiques et des analyses spécifiques au secteur. C’est pourquoi elle organise notamment des ateliers AML/CFT, axés sur des cas concrets, des typologies de blanchiment et des méthodes de détection.
Ce besoin de formation continue est également une réalité quotidienne pour le secteur financier. Plus les professionnels maîtrisent les nouvelles techniques de blanchiment d’argent, plus ils sont en mesure de détecter rapidement les signaux d’alerte et les opérations suspectes.
« Les réseaux de blanchiment d’argent combinent des méthodes traditionnelles avec les nouvelles technologies pour mettre en place des montages financiers complexes. Il est donc essentiel que les professionnels de la lutte contre le blanchiment complètent leur connaissance des typologies classiques par une vigilance accrue à l’égard des transactions suspectes impliquant de nouveaux moyens de paiement. Posez des questions, établissez des liens et continuez à développer vos compétences techniques. Car plus les mécanismes de blanchiment deviennent sophistiqués, plus il est important de savoir ce que l’on observe. »
« Ce que l’on connaît, on le reconnaît plus rapidement. Et ce que l’on reconnaît plus rapidement, on peut aussi l’arrêter plus vite. C’est là que commence une véritable vigilance. »
Cette vision résume parfaitement pourquoi la formation continue n’est plus un luxe aujourd’hui, mais une condition indispensable pour lutter efficacement contre la criminalité financière. La combinaison de connaissances actualisées, d’une analyse critique et d’une bonne compréhension des nouvelles technologies permet de détecter plus rapidement les schémas suspects et d’évaluer plus efficacement les risques potentiels.
L’expertise devient ainsi non seulement un atout pour chaque professionnel, mais également un maillon essentiel de l’intégrité et de la résilience de l’ensemble du secteur financier.
En définitive, dans la lutte contre le blanchiment d’argent, la connaissance fait toute la différence. Plus les professionnels sont capables d’identifier rapidement les nouveaux risques, plus leur contribution à un système financier sûr, intègre et transparent est importante.
Renforcez votre expertise en AML grâce à des formations spécialisées
La lutte contre le blanchiment d’argent exige non seulement de la vigilance, mais aussi des connaissances constamment actualisées. Face à l’évolution des techniques de blanchiment, au renforcement des exigences réglementaires et à des risques toujours plus complexes, la formation continue est devenue indispensable pour les professionnels du secteur financier.
Pour vous accompagner, Febelfin Academy propose plusieurs formations spécialisées, conçues pour approfondir vos connaissances et renforcer vos compétences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.